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Ukraine : l’intelligence polonaise et les sionistes instrumentalisent des néo-nazis, par Laurent Glauzy

…l’actuel gouvernement d’Oleksandr Tourtchinov [Juif] a été imposé par l’OTAN en violation du droit international. »

Un ennemi du peuple ukrainien et de la race humaine !

Un ennemi du peuple ukrainien et de la race humaine !

Cette affirmation, qui justifie pleinement l’annexion de la Crimée par Moscou et représente un casus belli, émane en premier lieu de l’hebdomadaire polonais de gauche Nie (« non »), dans l’article Tajemnica stanu, Tajemnica Maïdanu (Secret d’État, secret de Maïdan), publié en mars 2014. Le journaliste Marek Miszczuk a rassemblé des documents brûlants constitués de vidéos et de photographies datant de septembre 2013. Chaque image montre le même type d’hommes : musclés, chauves et tatoués. Leur t-shirt est frappé de svastikas, de runes ou encore d’aigles impériaux. Certains d’entre eux ont le visage couvert d’une cagoule.

« To polscy instruktorzy » (Ce sont des instructeurs polonais) mentionne la source de Marek Miszczuk. Après enquête, le journaliste découvre que ces instructeurs appartiennent aux forces de l’ordre de Varsovie. L’espace où se déroule cette formation révolutionnaire pour « étudiants » néo-nazis est un centre de formation de la police polonaise situé à Legionowo, à une heure de route de la capitale. Les « étudiants », tatoués de croix gammées, sont des partisans de Pravij Sektor (Secteur droit), un conglomérat de nationaux-socialistes et de « nationalistes » comprenant des groupuscules tels que le Trident de Stepan Bandera, les Patriotes d’Ukraine, le Marteau blanc, l’Assemblée sociale-nationale et Una-Unso. Nous constatons avec étonnement que Secteur droit, fondé seulement en novembre 2013, gérait le « service d’ordre de Maïdan ».

Il est à souligner que ce groupe a perdu un de ses leaders, Oleksandr Muzychko, alias Sasha Bilyi, membre d’Una-Unso. Il a été tué le 24 mars 2014 dans un obscur combat contre les forces spéciales ukrainiennes, qui prétendent avec bien peu de conviction qu’il s’est suicidé. Lors du premier conflit de Tchétchénie (1994-1996), Oleksandr Muzychko a été accusé d’être un criminel de guerre. Il menait alors un groupe d’Una-Unso, le groupe « Viking ». En 1997, il a aussi été accusé d’avoir tenté d’assassiner un des membres d’Una-Unso.

L’article de Nie démontre que Secteur droit, la partie la plus violente de la furie putschiste de Maïdan, a été formée en Pologne, plusieurs mois avant le coup d’État de février 2014. Déjà, en septembre 2013, 86 membres de ce groupe putschiste néonazi ont été invités en Pologne dans les locaux du ministère des Affaires étrangères. Le prétexte : un échange universitaire avec des « étudiants » ayant bien dépassé la quarantaine.

Pendant quatre semaines, ces soi-disant étudiants ont suivi des cours intensifs de contrôle des foules, de combat, de gestion des situations de crise, d’usage de masque anti-gaz, de construction de barricades, et surtout de tir, y compris, le tir à distance avec des fusils de chasse.

Les Etats-Unis avancent leurs pions sionistes

À la suite des émeutes de Kiev, le 27 février, le banquier juif Arseniy Petrovych Yatsenyuk obtient le poste de Premier ministre. Il s’agit d’une assurance pour les États-Unis, qui ont été pratiquement exclus des premières négociations, ce qui déchaîna l’enfer des snipers !

Quoi qu’il en soit, les Tchétchènes sont réapparus dans l’Est de l’Ukraine, à Lougansk : une vidéo montre des hommes vêtus de noir, avec des caisses qui pourraient contenir des fusils télescopiques servant à ces snipers. La Guerre froide, tombée avec le mur de Berlin,est donc en train de se réchauffer.

Revenons aux « étudiants » quadragénaires de Secteur droit. Bien entendu, les parlementaires polonais ignoraient que leur pays avait formé des individus qui avaient tenté un coup d’État dans la capitale ukrainienne. Tout comme ils ne savaient rien de Stare Kiejkuty, le « Guantanamo polonais », une ancienne prison secrète de la CIA, dont le but très probable était de fabriquer des terroristes musulmans après 2000 à partir des techniques du Contrôle mental (Mind Control)[1].

Un premier ministre pro-européen et pro-gay

Par conséquent, Maïdan résulte d’un coup de force du gouvernement de Donald Tusk. Ce Premier ministre polonais, qui occupe cette fonction depuis 2007, marque la fin de l’ère des frères jumeaux Kaczyński, fervents catholiques. Après la mort de Lech Kaczyński – dans un étrange accident d’avion, en 2010, à côté de Smolensk, où il allait célébrer une commémoration de Katyn -, il s’est opposé à Jarosław Kaczyński sur des thèmes comme l’homosexualité, la politique extérieure ou l’intégration à l’Europe.

Donald Tusk est un libéral, un philo-européiste fanatique, un philo-américain et un philo-atlantiste. Il n’est pas le voisin souhaité de la Russie. Platforma Obywatelska (Plate-forme civique), le parti fondé par Tusk, est issu de Solidarność. Si ce parti devait surtout défendre les valeurs chrétiennes et démocrates, il fait passer en priorité les positions maçonniques pro-européennes.

Dans le gouvernement Tusk, le plus exposé dans le complot ukrainien, semble être le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski : par l’intermédiaire de son ministère, les bourses d’études auraient été attribuées aux néonazis de Maïdan. De plus, l’homme a une histoire particulièrement étrange. En juin 1981, alors que le mur de Berlin n’est pas encore tombé et qu’il est pratiquement impossible à un catholique polonais de quitter le territoire, Sikorski obtient le droit d’étudier à Oxford. Derrière cette démarche se trouve Sir Zbigniew Pełczyński, un des combattants de la révolte de Varsovie de la fin 1944. Après la guerre, il se stabilise en terre d’Albion, où il attire la fine fleur des étudiants polonais. La reine l’a d’ailleurs honoré du titre d’Officier de l’ordre de l’Empire britannique. Cette idée de créer un canal universitaire avec l’Est sera développée plusieurs années après par le juif hongrois George Soros. Par le biais de l’Open Society Foundation,il commencera son travail de recrutement de l’élite mercenaire libérale est-européenne.

Peu après son arrivée à Oxford, Sikorski voit son pays tomber sous la loi martiale (1981-1983), déclarée par le général Jaruzelski. Il reste alors en Angleterre, comme exilé. Cet étudiant en philosophie et en journalisme fréquente des clubs exclusifs, où il rencontre les jeunes David Cameron et Boris Johnson. En 1987, il obtient définitivement la citoyenneté britannique.

Le hasard veut que juste après la chute du mur de Berlin, fin 1989, Sikorski, retourne en Pologne. Trois ans plus tard, en 1992, ce politicien formaté par l’Occident est nommé vice-ministre de la Défense ; en 2006, il est promu ministre de la Défense. Avec Tusk, il ne doit pas exister d’homme plus pro-occidental au sein de l’OTAN. Et s’il passe pour un maître d’œuvre de l’intégration de la Pologne dans l’OTAN, en qualité de membre du Triangle de Weimar (expression politique polonaise désignant le groupe informel composé de la France, l’Allemagne et la Pologne qui, dans les sommets européens, agissent dans un intérêt commun), il a été un des représentants de l’Union européenne à négocier le processus de sortie de crise du 21 février 2014 entre le président Viktor Ianoukovytch (qui s’enfuira le lendemain en Russie) et les principaux leaders des manifestations de Maïdan.

Le ministre de l’Intérieur Bartlomiej Sienkiewicz, qui coordonne les services spéciaux polonais, est considéré comme un autre conspirateur dans l’affaire de Maïdan. Sienkiewicz est le neveu d’Henryk Sienkiewicz, qui écrivit le roman Quo Vadis?, œuvre qui lui a valu le prix Nobel de littérature.

En 1990, à trente ans, Sienkiewicz fait partie des fondateurs de l’Urząd Ochrony Państwa, service secret de la Pologne postcommuniste. Il devient aussi vice-directeur du Centre d’Études orientales, qui chapeaute l’Europe orientale, les Balkans, la Turquie et l’Ukraine. Le Centre d’Études orientales serait proche de la Carnegie Foundation, fondation richissime accusée par Moscou d’être le « cheval de Troie de la CIA ». Pendant les années 1990, Sienkiewicz fonde sa propre agence de renseignement privée, l’ASBS OTHAGO, qui s’occupe de l’« estimation des risques d’investissement » et des analyses des milieux compétitifs. On la soupçonne surtout de faire de l’espionnage industriel pour le compte de Washington.

La préparation de Maïdan : autopsie d’un coup d’Etat sioniste

Dans cet étrange marigot d’intrigues politiques et d’espionnage, chaque suspect conduit au président provisoire de la République d’Ukraine, Oleksandr Tourtchinov qui, à l’époque du gouvernement de Ioulia Timochenko (2007-2010), en plus de la fonction de vice-premier ministre, était aussi le chef des services secrets. Dans Tajemnica stanu, Tajemnica Maïdanu (Secret d’État, secret de Maïdan), Marek Miszczuk mentionne que Tourtchinov, Tusk, Sikorski et Sienkiewicz ont même entrepris plusieurs voyages en Pologne pour préparer la révolte de Maïdan.

Par conséquent, il n’est pas surprenant d’assister à l’instrumentalisation par les autorités polonaises des petits-enfants des partisans de l’Allemagne national-socialiste. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ces derniers avaient déjà intégré le réseau Gladio de l’OTAN, formé par l’ensemble des armées européennes organisées en réseau secret, sous l’égide de l’Office of Strategic Services (OSS) (ex-CIA de 1942 à 1947) et des services britanniques du MI-6, pour lutter de manière clandestine contre une invasion soviétique. Son existence a seulement été révélée le 24 octobre 1990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti !

Cette page de l’histoire polonaise renvoie à la polémique qui a explosé pendant l’élection présidentielle polonaise de 2005 : le journaliste et député Jacek Kursk a révélé qu’avant d’être recruté dans ce cadre par la CIA, Józef Tusk, le grand-père de Donald Tusk, s’était enrôlé dans la Wehrmacht. Le Premier ministre a fini par avouer que son grand-père avait servi dans l’armée allemande, mais seulement après l’annexion de Dantzig. Un souvenir qui en dit long sur la manière dont Washington a sélectionné ses agents en Europe de l’Est.

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le coup d’État de Maïdan a été organisé par les États-Unis, comme l’atteste la conversation téléphonique entre Victoria Nuland, assistante du secrétaire d’État et Geoffrey R. Pyatt, ambassadeur américain à Kiev. Il en ressort que la Lituanie, membre de l’OTAN, et Israël ont aussi participé à ce coup d’État. Tout suggère que l’OTAN dispose d’un nouveau réseau Gladio en Europe de l’Est, notamment grâce aux pions issus des groupuscules nationalistes.

Wayne Madsen, journaliste d’enquête américain, spécialisé dans les affaires des services secrets, avait écrit avant le coup d’État de Kiev : « Un document de la CIA d’août 1950 révèle qu’au commencement de la Guerre froide, le service du renseignement américain avait utilisé plusieurs groupes nationalistes ukrainiens qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avaient collaboré avec l’Allemagne national-socialiste. Une telle stratégie fut alors conduite par l’OSS, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pendant la Guerre froide, ce soutien a mis en scène le gouvernement des États-Unis et les groupes nationaux socialistes ukrainiens contre l’Union soviétique, en particulier en Ukraine occidentale. »

À Maïdan, l’histoire ne fait que se répéter, dans un autre contexte.

 

[1] L. Glauzy, Altlas de géopolitique révisée, Ed. des Cimes, 2011, pp. 163-167.

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