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Voici qui compose le nouveau gouvernement ukrainien

Ce gouvernement ukrainien soutenu par BHL, par Laurent Fabius, par l’Union Européenne ou les USA est composé de gentils extrémistes néo-nazis, et je dis gentil car ils sont pro-européens, partant de ce principe, cela ne peut être les méchants de l’histoire… Et bizarrement, personne ne parle des « sombres heures de l’histoire » de la seconde guerre mondiale, de la Shoah, et du reste… Reprenons déjà quelques informations, notamment sur le parti Svoboda qui a 7 de ses membres qui ont été promus ministres:

Comment l’extrême-droite ukrainienne cherche à annexer le mouvement populaire anti-corruption de ces derniers mois et ce depuis le début. Des néo-nazis, se référant explicitement au 3è Reich, sont dans le gouvernement ukrainien, soutenu par l’U.E. et mis en place sous l’influence américaine. Où va-t-on ?

Le nom original du parti Svoboda (« Liberté ») était « Parti National Socialiste d’Ukraine » (PNSU, qui avait un logo proche de la croix gammée)

Svoboda rend hommage à la division SS « Galicie » et se réfère à Stéphane Bandera, qui collabora avec les nazis par antisémitisme autant que par anti-communisme et sentiment anti-russe (déclaré « héros national ukrainien » en 2010, ce qui valut alors à Kiev la réprobation du Parlement européen)

Le 3 mars, le diplomate Youri Sergeïev, nouvel ambassadeur d’Ukraine à l’ONU déclarait « Les preuves présentées par l’Union soviétique lors du jugement des criminels de guerre Nazis ont été falsifiées »

Aujourd’hui, un des mots d’ordre préféré de Svoboda est « tabassons les youpins et les ruskoffs ».

Et donc, les « gentils nazis » ont un logo assez particulier, celui-ci:

Ucr%C3%A2nia-Black+bloc+armado+para+mani

Ce logo étant la « rune du loup », logo déjà utilisé dans le passé par un détachement de cette Panzerdivision qui a rasé le village d’Oradour-sur-Glane et exterminé sa population le 10 juin 1944.

Maintenant, allons un peu plus dans le détail avec les autres membres de ce nouveau gouvernement ukrainien.

Si l’instauration d’un gouvernement provisoire – comprenant 21 membres –  a été présentée comme une victoire démocratique, il célèbre également l’arrivée au pouvoir de toute une frange extrémiste (7 ministres apparentés à Svoboda) accolée à des leaders pro-européens, du parti de l’ancienne premier ministre Ioulia Tymochenko installée par l’OTAN, ayant déjà trempé dans des scandales de corruption et de collusion avec des oligarques.

On retrouve des pro-européens – surtout atlantistes – au sein des Affaires étrangères avec notamment Boris Tarasiuk à l’intégration européenne, qui a été représentant de l’Ukraine à l’OTAN et fondateur de l’Institut pour la coopération euro-atlantique (IEAC). Aux finances, Oleksandr Shlapak, est un ancien ministre de l’intégration européenne, de l’économie sous la présidence de Leonid Kuchma (1994-2005) et ancien président du Trésor ukrainien. Il a également été à la tête d’un conglomérat de banques – dont PrivatBank, première banque d’investissement du pays – auprès de l’oligarque Kolomoïsky, principal actionnaire de Privat Group. Enfin, on retrouve à des postes stratégiques pas moins de sept membres de partis et groupuscules nationalistes et racistes.

Commençons le tableau avec un poste-clé et non des moindres, celui de second vice-premier ministre, occupé par Oleksandr Sych – auprès de Vitaliy Yarema – membre du parti Svoboda élu à la Rada, le Parlement ukrainien, en 2012 où il est connu pour son activisme anti-avortement. Outre le fait qu’il veuille faire une loi pour l’interdire même en cas de viol, Sych s’est aussi illustré pour son anti-communisme virulent via l’interdiction du Parti Communiste d’Ukraine au  sein de sa région d’Ivano-Frankisvk.

Au coeur de la défense et des affaires intérieures, à la présidence du Conseil de sécurité nationale, on retrouve Andriy Parubiy, le fondateur du Parti national-social, ancêtre de Svoboda, en 1991 avec Oleh Tyahnybok. Il devait être épaulé de Dmytro Yarosh, leader du “Secteur Droit” qui a refusé la vice-présidence du même Conseil qui lui était proposée. Bien que Parubiy fût le “Commandant” des groupes paramilitaires de la place Maïdan, il se réclame aujourd’hui de l’ “opposition modérée”. Il a décrété que le pays était “infiltré” par des saboteurs et des espions russes à de nombreux niveaux (Kyiv Post, 14/03). On retrouve à ses côtés un membre de Svoboda, au poste de ministre de la Défense, Ihor Tenyukh qui est amiral et ancien commandant en chef de l’armée navale ukrainienne (2006-2010). Lors du mouvement Euromaïdan, il a appelé les forces armées à commettre des actes illégaux (BBC News, 19/01).

A un autre poste majeur, celui du Bureau du Procureur général, on retrouve un autre membre de Svoboda, Oleh Makhnitsky. Le procureur général dispose du pouvoir suprême sur le plan judiciaire, il supervise toutes les enquêtes judiciaires et peut inculper tout élu, ce qu’il a déjà fait en accusant de “criminel” Sergueï Aksionov, leader criméen pro-russe (Time, 10/03/2014).

Pour ce qui est du ministère de la Politique agraire et de la nourriture, il a été confié à Ihor Shvaika, député du parti Svoboda élu à la Rada en 2012. «Il est l’un des hommes les plus riches du pays, en tant qu’oligarque de l’agroalimentaire cumulant le poste de ministre de l’agriculture. Vous avez dit conflits d’intérêts ? Le ministère de l’écologie et des ressources naturelles revient également à un membre du parti Svoboda, Andriy Mokhnyk. Il jouait le rôle d’envoyé spécial dans tous les partis extrémistes et fascistes européens comme en Italie où il a rencontré les leaders du parti ouvertement néo-fasciste Forza Nuovo l’an dernier. Au-delà de ne rien connaître à l’écologie, il est surtout reconnu pour être un farouche opposant aux énergies renouvelables, ce qui arrangera les multinationales du secteur énergétique traditionnel (gaz, électricité, pétrole,etc.).

Au ministère de l’Education et de la science, Serhiy Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le “Trident” (Tryzub), mouvement d’extrême droite dont Praviy Sektor (“Secteur droit”) utilise le site Internet (Slate, 23/01). Il était à la tête de la prestigieuse université ukrainienne de Kyiv Mohyla depuis 2007 sans n’avoir jamais eu le soutien de la communauté étudiante qui préférait un autre ministre de l’Education (Kyiv Post, 27/02).

Au ministère des Sports, Dmytro Bulatov était un des leaders de l’organisation de la place Maïdan, il est aussi connu pour ses liens étroits avec le groupe fasciste « Secteur Droit ». Son activisme durant la contestation lui a valu de recevoir un ministère. Parmi les héros du mouvement, on retrouve Tetiana Tchornovol, la responsable à la “personnalité explosive” de la communication du groupe nationaliste ukrainien UNA-UNSO se revendiquant du nazisme, qui à été nommée à la tête du Bureau anti-corruption. Le 27 février dernier, elle s’est vantée sur son blog d’être la “première” à être entrée dans le manoir de Mezhyhirya du président Ianoukovitch en fuite (Pravda.com/27/02). Sauf qu’elle omet de dire qu’elle y est entrée par effraction comme le note Katya Gorchinskaya (Kyiv Post, 27/02).

Enfin, pour couronner le tout, plusieurs personnalités déjà accusées de corruption et de détournements de fonds ont été reconduites au pouvoir. Lyudmyla Denysova, ministre des Affaires sociales (2007-2010), a déjà été ministre du Travail et des Affaires sociales sous Tymoshenko et n’est pas étrangère aux controverses. Une campagne non-gouvernementale pour la transparence, baptisée Chesno, a déclaré en 2012 la “haute probabilité” que Denysova ait été impliquée dans une affaire de népotisme, d’abus de pouvoir et de détournement de fonds de 60 millions de hryvnia (environ 4 600 000 euros) sans qu’aucune affaire judiciaire n’ait été ouverte. Arsen Avakov, ministre de l’Intérieur et ancien chef de campagne de Ianoukovitch, a été accusé de privatisation illégale de terres et d’abus de pouvoir et a fui en Italie après que le précédent gouvernement l’ait visé dans le cadre d’une enquête criminelle. Bien qu’en étant sur la liste des personnes recherchées par Interpol (Kyiv Post, 21/03/2012), cela ne l’empêche pas d’être l’un des membres les plus influents de l’Union panukrainienne “Patrie”, parti dirigé par Tymochenko, depuis la contestation.

Il faudra attendre l’élection présidentielle du 25 mai, pour qu’il y ait un quelconque changement dans ce petit théâtre des horreurs. Aucune élection législative n’a été prévue alors que la Rada est en décomposition et qu’elle est soumise à des groupes de pression extérieurs et aux influences extrémistes alors que le retour à la Constitution de 2004 lui restitue des pouvoirs importants face au président.

Issu de l’article Euromaïdan : couvrez ces extrémistes que je ne saurais voir sur Médiapart.

 

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