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Robert Redeker : «L’école s’applique à effacer la civilisation française»

En ne remplissant plus sa fonction traditionnelle de transmission, l’école de la République est devenue une fabrique de zombies et d’individus hors sol, explique le philosophe dans L’École fantôme, un essai percutant dans lequel il analyse les causes de ce désastre et trace des voies pour l’avenir.

Robert Redeker est un philosophe à l’esprit lucide et au verbe tranchant. Il le paye depuis dix ans en vivant loin du monde sous garde rapprochée, suite à une chroniquecélèbre où il dénonçait les intimidations de l’islamisme. Auteur de nombreux ouvrages, il n’a cependant jamais cessé de publier du fond de sa retraite. Il livre aujourd’hui un terrible constat de ce qu’est devenue l’école en France. Crise de l’enseignement, crise de l’éducation, crise de la vie. Selon lui, il n’y a pas d’école sans une pensée de l’homme, de la société et de l’identité nationale, toutes notions qui ont profondément été bouleversées depuis 1981.

LE FIGARO. – La question de l’école n’a-t-elle pas pris une dimension quasi ontologique en cette période de trouble?

Robert REDEKER. – L’école de la République est un village Potemkine laissant croire, tel ce trompe-l’œil de propagande, qu’existe toujours, derrière ce mot, ce que les Français supposent être leur école. Par exemple, toute une propagande tente de faire croire, en dépit de l’aveuglante évidence, que le baccalauréat est encore un diplôme et un niveau, que l’école a encore des exigences intellectuelles. Même est le mot, qui a été sauvé, autre est la réalité, qui a été chamboulée. L’école en France a été assassinée, le fantôme de ce qu’elle fut porte son nom. Désignons les assassins. Le pédagogisme, avec à sa tête son âme damnée, Philippe Meirieu, et à sa solde toute la bureaucratie de l’institution. Najat Vallaud-Belkacem, via la réforme du collège, a parachevé le meurtre de l’école de la République avec une rage peu commune.

«L’enseignement doit être résolument retardataire», a dit Alain. Il ne prépare l’avenir qu’en plongeant l’élève dans le passé. L’école ne doit pas être explicitement ordonnée au progrès (social, humain, politique), mais à la conservation, qui passe par la transmission de contenus. Or, depuis 1981, réforme après réforme, l’école ne cesse de s’éloigner de sa raison d’être.

 

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